Quand une citadine se transforme en épave sous-marine au bout du monde marseillais

Connaissez-vous les Goudes ? Ce sublime petit port du 8e arrondissement marque l’entrée du parc national des Calanques. Habituellement, on y admire des paysages grandioses et des bateaux traditionnels. Pourtant, depuis le printemps, une petite voiture rouge s’est invitée dans ce décor de carte postale, reposant directement sous la surface de l’eau.
Une rencontre fortuite qui finit à l’eau

L’incident remonte à la nuit du 19 mars 2026. Aux alentours de trois heures du matin, un jeune automobiliste roule sur la route côtière en direction du sud lorsqu’une bête fait irruption sur la chaussée, non loin de la calanque des Trous. Afin de l’esquiver, le jeune homme a ce que son père, Mathieu Trovatello, qualifie de mauvais réflexe, ce qui précipite la Fiat 500 dans la Méditerranée.
Le pire a été évité de justesse : les quatre personnes à bord ont réussi, par miracle, à s’échapper de l’habitacle avant que la voiture ne soit complètement engloutie. L’honneur du conducteur est sauf puisque les rapports établis par les policiers et les équipes médicales ont formellement écarté toute consommation de stupéfiants ou d’alcool.

Un véritable ping-pong administratif : qui doit vraiment agir ?
Des mois plus tard, la carcasse métallique, qui avait été prêtée par la tante du conducteur, gît toujours parmi les poissons. Dans une situation aussi rocambolesque, on pourrait s’attendre à ce que la compagnie d’assurance prenne immédiatement le relais pour organiser l’extraction. Pourtant, cette dernière brille par son mutisme absolu et ignore royalement les nombreuses relances électroniques et lettres recommandées envoyées par le père du jeune homme, bloquant ainsi le processus.

Mais l’assureur n’est pas le seul obstacle. Extraire une épave d’une zone naturelle protégée est un véritable cauchemar bureaucratique. Le père a alerté le Parc national des Calanques, mais les règles y sont très strictes : l’opération exige des permis spécifiques, à la fois pour interrompre la circulation sur la route et pour encadrer le travail des plongeurs professionnels.

Entre une assurance fantôme et des institutions aux démarches interminables, la petite citadine a probablement encore de beaux jours devant elle en tant que récif artificiel. Une illustration frappante des méandres de notre bureaucratie, qui semble parfois bien plus insondable que la mer elle-même !

Ce que la mer cache, je te le montre
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