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Navire de recherche océanographique Plastic Odyssey aux couleurs bleu et blanc, amarré au port de Marseille — © Karim Saari
karim Saari

Dépollution au J4 : quand Plastic Odyssey réunit Marseille pour nettoyer ce qui se cache sous la surface

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Le 11 avril 2026, le bassin du J4 à Marseille — juste devant le MUCEM — a livré ses secrets. Des barrières Vauban, des vélos, des trottinettes, de la ferraille en tout genre, des bouteilles de bière, des canettes. Une accumulation silencieuse, invisible depuis le quai, qui colonisait le fond à quelques mètres sous la surface de l’eau. C’est Plastic Odyssey qui a lancé l’opération.

Plastic Odyssey, de retour à la maison

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Pour comprendre pourquoi cette journée avait une résonance particulière, il faut revenir une semaine en arrière. Le 4 avril 2026, le navire-laboratoire Plastic Odyssey rentrait à Marseille après 3 ans et demi en mer, 40 escales sur trois continents, et une mission aussi simple à formuler qu’ambitieuse à réaliser : trouver et diffuser des solutions concrètes contre la pollution plastique dans les zones côtières les plus touchées du monde.

À son bord, une vingtaine d’ingénieurs, scientifiques et pédagogues ont testé 15 technologies de recyclage « low-tech », documenté plus de 300 initiatives locales, formé 2 000 entrepreneurs, et contribué au déploiement de 15 micro-usines de recyclage dans des pays où le plastique finit systématiquement à la mer faute de filières de traitement. Des pavés, des bancs, des briques — fabriqués à partir des déchets collectés sur place.

Ce retour à Marseille, c’est aussi le lancement d’un second acte : développer d’ici 2030 un réseau de 200 usines de recyclage en franchise, créer 10 000 emplois et recycler 100 000 tonnes de plastique par an. La ville qui a vu partir le navire est aussi celle qui accueille la suite.

Organiser une opération de dépollution sous-marine dès la première semaine de retour, c’est un signal. Le message est clair : les solutions ne sont pas uniquement là-bas. Elles commencent ici, dans notre propre port.

14 associations, un bassin, une énergie

L’opération du 11 avril n’était pas une action de communication. C’était une mobilisation réelle, avec des plongeurs dans l’eau, des équipes en surface, et une logistique coordonnée entre des acteurs qui n’ont pas l’habitude de travailler ensemble dans le même bassin au même moment.

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Autour de Plastic Odyssey, 13 structures marseillaises ont répondu présent :

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Ce type de rassemblement est rare — pas dans son principe, chaque association menant ses propres actions régulièrement — mais dans son ampleur. Voir autant de structures différentes, des marins-pompiers aux associations citoyennes en passant par les gestionnaires du Parc National, unir leurs moyens sur une même zone le même jour, c’est une image de ce que peut produire une coordination bien menée.

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Ce que le fond du J4 cachait

La question qu’on nous pose souvent : qu’est-ce qu’on trouve vraiment sous l’eau, en plein centre-ville ? La réponse est dans les photos. Une vingtaine de barrières Vauban couvertes d’algues et de rouille, empilées au fond comme si on les avait basculées par-dessus le quai. Des vélos. Des trottinettes électriques. De la ferraille indéterminée. Des bouteilles de bière. Des canettes.

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Rien d’exotique. Rien qui vienne de loin. Ce sont des objets du quotidien urbain qui ont terminé leur trajectoire dans le bassin, portés par le vent, jetés délibérément, tombés accidentellement — et qui se sont incrustés dans le fond, se colonisant progressivement d’une vie marine de substitution qui masque leur présence aux yeux des passants en surface.

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Un bassin de port n’est pas un milieu naturel. Mais c’est un milieu vivant, connecté à la mer ouverte, aux courants, aux échanges. Ce qui s’y accumule ne reste pas là — ça se fragmente, ça dérive, ça intègre la chaîne alimentaire sous forme de microplastiques et de métaux lourds.

Pourquoi ça compte, même en centre-ville

On associe volontiers la dépollution marine aux fonds des Calanques, aux épaves isolées, aux zones éloignées de toute présence humaine. L’opération du J4 rappelle que la pollution ne respecte pas cette géographie mentale. Le bassin du J4 est à 200 mètres du MUCEM, à 500 mètres du Vieux-Port. C’est l’une des entrées maritimes les plus fréquentées et les plus visibles de Marseille.

Nettoyer cet espace, c’est aussi un acte de visibilité. Les passants qui ont regardé remonter les barrières rouillées à la surface ont vu, concrètement, ce que « pollution sous-marine en zone urbaine » signifie. Pas un graphique. Pas une infographie. Une vingtaine de barrières entassées dans une benne rouge, avec la Major en arrière-plan.

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La suite

Plastic Odyssey poursuit sa Tournée France 2026 depuis Marseille. Le navire reste visible et visitable au J4 pendant plusieurs semaines, avec un village des solutions, des expositions et des projections ouvertes au public. L’objectif de cette phase française est de transposer les apprentissages de l’expédition internationale à des contextes locaux — et de fédérer les acteurs qui, comme ceux présents le 11 avril, agissent déjà sur le terrain.

De notre côté, nous continuons. Si vous voulez suivre nos prochaines actions de dépollution et rester informés de nos missions en Méditerranée, tout se passe sur la page dépollution marine et sur nos réseaux sociaux.

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Karim Saari